Friday, July 26, 2013

«Ici, tu peux pas te cacher pendant l'entraînement»

«Ici, tu peux pas te cacher pendant l'entraînement»

par Eva Tedesco/ads - Arrivé il y a 3 semaines au CSKA Moscou, le Zurichois s’est déjà imposé comme titulaire, malgré une vive concurrence. Confidences sur sa nouvelle vie russe.Prévu dimanche, le derby de la capitale entre le Lokomotiv et le CSKA mobilise les foules. Les 30'000 places du stade Lokomotiv ont d’ores et déjà toutes trouvé preneur. Un Suisse se réjouit particulièrement pour ce match: Steven Zuber, qui devrait débuter la rencontre pour le CSKA.

Steven Zuber, vous arrivez tout juste de l’entraînement. Disposez-vous d’un chauffeur à Moscou?

Depuis quelques jours, j’ai un appartement meublé et une voiture personnelle. Mais je conduis moi-même. Sinon, j’habite à vingt minutes du lieu d’entraînement. Sans compter les bouchons! J’ai déjà appris à prendre la notion de temps avec des pincettes, ici…

Parvenez-vous à vous y retrouver, malgré les panneaux de circulation en cyrillique ?

J’ai un GPS en anglais, ça aide! Mais j’espère maîtriser l’alphabet cyrillique d’ici à trois mois, pour pouvoir au moins me débrouiller à la lecture.

Et apprendre le russe, c'est au programme?

Bien sûr, j’en ai l’intention. Les langues m’intéressent beaucoup, et vivre sur place est une excellente occasion d’en apprendre une nouvelle. Je vais bientôt débuter les cours avec un enseignant.

Quelle langue parle-t-on au CSKA Moscou, à l’entraînement?

Nous avons deux traducteurs pour l’anglais, deux pour l’espagnol et un pour le français, qui effectuent la traduction simultanée avec l’entraîneur. Cela fonctionne très bien. Personnellement, je peux m’entretenir en anglais avec la majorité de mes coéquipiers. Je partage beaucoup de temps avec Seydou Doumbia (ndlr : ex-Young Boys), avec qui je parle français, notamment au centre d’entraînement du club.

Comment sont les installations?

Notre centre d’entraînement est situé sur une ancienne zone militaire. Il n’est plus très neuf... Il y a six bâtiments, dont un spécialement pour la première équipe. Nous n'avons pas vraiment de vestiaire, puisque chaque joueur dispose d’une propre chambre avec douche. C’est là où l’on passe nos nuits avant les matches à domicile. Dans un autre bâtiment figurent la salle à manger et une très grande salle de fitness, et dans un troisième tout ce qui peut nous aider à nous relaxer : TV, baby-foot, tennis de table et autres. Il y a encore un bâtiment pour le centre de formation, mais je n’ai pas encore découvert le reste. En tout cas, ici, c’est comme un petit monde en soi, pour nous les joueurs.

Revenons au football: quel est le niveau en Russie?

C’était pour moi la grosse interrogation. Par rapport à la Suisse, c’est bien plus intense, rapide, et plus exigeant individuellement. A Grasshopper, en deux heures, nous faisions trois exercices. Ici, c’est 8 exercices en une heure et demi! Surtout, tu ne peux jamais aller te cacher pendant les exercices, tu dois toujours tout donner. Ce n’était pas forcément le cas à GC, on pouvait parfois s’économiser un peu (rires).
Le CSKA a investi 50 millions d’euros ces trois dernières années pour renforcer son contingent. Rien qu’au milieu du terrain, il y a 14 joueurs en concurrence. Comment vivez-vous cette situation?

Ici, je peux apprendre beaucoup, continuer mon développement. Naturellement, j’aurais pu choisir une voie plus facile, mais je veux à tout prix m’imposer ici. La peur, au football, est mauvaise conseillère. Je me mets moi-même au défi. Le CSKA joue chaque année non seulement pour le titre national, mais veut aussi avoir son mot à dire en Champions League. Je n’ai pas pu évoluer au niveau international avec GC. Chaque joueur veut avoir cette occasion. Qu’y a-t-il de plus beau que de se mesurer au gratin de la planète foot?

GC, c’est oublié?

J’ai vécu beaucoup de moments incroyables à Zurich, j’y ai gagné des amis. Ce club, je lui dois beaucoup. Grasshopper m’a permis d’arriver ici. Je conserve des contacts réguliers avec Vero Salatic, qui m’a beaucoup aidé dans ma carrière et qui est un proche confident, mais aussi avec Amir Abrashi et Daniel Pavlovic. Je suis parfois les matches de mes anciens coéquipiers, par exemple celui contre Saint-Gall ou la deuxième mi-temps du choc contre Bâle. GC aura toujours une place spéciale dans mon cœur.

Le 13 juillet, lors de la Supercoupe de Russie, vous figuriez dans le onze de départ du CSKA. Une surprise pour beaucoup d’observateurs, surtout que vous veniez à peine d’arriver. Depuis, trois matches et autant de titularisation. De quoi être sûr de disputer le derby?

Je ne le sais pas encore. L’entraîneur n’a pas encore parlé de la formation pour dimanche. Mais bien sûr que j’espère être sur le terrain! Je me réjouis beaucoup de ce premier derby, mais je compte surtout m’imposer dans l’équipe sur la durée. Pour cela, je dois saisir chaque chance que l’on me donne.

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