Les affaires de dopage ébranlent le milieu
Cela dit, Patrick Magyar reste plus que jamais un partisan de «la tolérance zéro» en matière de dopage. Il fait partie des organisateurs intransigeants, aux côtés notamment des Scandinaves, autrement dit des patrons de meetings qui n'invitent pas les athlètes ayant subi par le passé une suspension de deux ans ou plus, même si la peine a entre-temps été purgée.
Cela ne signifie pas pour autant qu'un Justin Gatlin, autrefois suspendu pour quatre ans, ne participera plus jamais au «Weltklasse», car Patrick Magyar se retrouve ballotté entre son intransigeance de principe et ses obligations d'organisateur faisant partie de la «Diamond League». Si Gatlin par exemple reste en course pour gagner la Ligue de diamant dans sa discipline, il se peut que Zurich soit obligé de l'inviter le mois prochain. La question n'est pas encore tranchée.
Prime en suspens
Jacky Delapierre, patron d'Athletissima, n'a pas encore formellement décidé non plus s'il versera ou non la prime promise à Tyson Gay (près de 100'000 francs) pour sa venue il y a dix jours à Lausanne. Il attend le résultat du contrôle antidopage du meeting, qui prend en général un mois. Mais quel qu'il soit, il y a de toute évidence peu de chances que l'Américain - contrôlé positif aux Etats-Unis le 16 mai - voie l'argent.
D'une façon générale, Jacky Delapierre se dit «attristé» par ces affaires «qui polluent l'athlétisme». Tout en refusant de jeter le bébé avec l'eau du bain: le doute profitant à l'accusé , il part de l'idée que les athlètes qui ne sont pas positifs sont propres. «La question est de savoir si l'on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein. Avec les compléments alimentaires par exemple, un athlète de haut niveau est toujours un peu 'borderline', ce n'est pas nouveau», relève-t-il.
Si plusieurs cas douteux ont frappé la Jamaïque ces dernières années ou ces derniers mois - Yohan Blake, Shelly-Ann Fraser, Veronica Campbell-Brown, et maintenant Powell ou Simpson -, il s'est souvent agi de diurétiques ou de stimulants, pas assimilés à des produits lourds, et dont la prise entraîne des suspensions légères voire pas de suspension. L'image est trouble, mais pas (encore?) désastreuse. «Je n'ose pas imaginer ce qu'il se passerait si un Usain Bolt était positif», observe Patrick Magyar. L'impact serait selon lui sans commune mesure avec ce qui arrive ces jours-ci.
Le patron du «Weltklasse» reste persuadé que le sport est aujourd'hui «plus clean qu'il y a 20 ans» et qu'il faut poursuivre le combat contre le dopage sans relâche...
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